• Késako – Jeu des citrons – Limoune – ليمون
  • A chaud
  • Parcours de migrants
  • Liberté de circuler
  • Construction de l'Autre
  • Education
  • Mondoblog
  • Empowerment
  • Saudade - Ya Hasra
  • Langues
  • Mes 5 commandements Creative commons
Jeu des citrons
Article : Tunisie : Racisme en déni
#halteauxpréjugés
2
28 mars 2013

Tunisie : Racisme en déni

« Non au racisme, dignité nationale ! » Les mots entendus la veille lors de la marche d’ouverture du Forum social mondial à Tunis retentissent ce mercredi 27 mars au matin sur le campus universitaire d’el Manar.

racisme
Marche vers l’atelier sur les tunisiens noirs
©Limoune

Pour approfondir le sujet, il suffit de suivre l’Association Adam pour l’égalité et le développement. Rejointe par quelques citoyens tunisiens, par la délégation négro-brésilienne Unegro ainsi que par des membres d’associations négro-américaines pour l’égalité, la marche a mené ses participants à un atelier sur les Tunisiens noirs (histoire, présent et avenir).

Représentant environ 15% de la population tunisienne, la minorité noire est « discriminé et invisible des sphères politique, médiatique et culturelle« , selon Tawfik Chairi, président de l’Adam. Au lendemain de la révolution, la jeune association se constitue pour réclamer sa présence et sa reconnaissance dans une Tunisie plurielle. Leur mode d’action : attirer l’attention de la société civile et celle de l’Assemblée constituante. Si les associations ont été réceptives, l’Assemblée constituante fait, elle, la sourde oreille face à la pétition en faveur de l’inscription de la pénalisation de la discrimination raciale dans la Constitution.

Une partie de la population, dont l’esprit a été colonisé par le message dominant, a suivi le mauvais exemple, et il n’est pas rare en Tunisie d’entendre « Kahlouch, Kahlouch » (« le Noir », « le Noir »), au passage de Tunisiens noirs. Certains ont beau prétexter qu’il s’agit d’une appellation affectueuse qu’ils emploient aussi avec leurs enfants, le stigmate remplace l’affection quand il s’agit de nommer une personne par sa couleur.

Un point historique lors de la conférence sur la présence de la minorité noire en Tunisie a retiré toute éventuelle ambiguïté. Si de Bizerte à Tataouine, en passant par Maharès, les Tunisiens noirs sont souvent désignés par le mot « oucif » (esclave en arabe), il faut savoir que

Tous les Noirs ne sont pas descendants d’esclaves.

Tous les esclaves n’étaient pas noirs.

Né de la rencontre entre les commerçants arabes allant vers le Sud et les commerçants d’Afrique sub-saharienne, l’esclavage est le produit des guerres tribales africaines. Les prisonniers de guerre étaient alors devenus une marchandise aux mains des commerçants.

En Tunisie, la plupart des esclaves était alors envoyé au travail dans les oasis du Sud . D’autres, plus rare, étaient dans le Nord et sur la côté, cantonnés au travail domestique. Alors que la minorité noire était alors organisée comme communauté, avec l’abolition de l’esclavage en 1846, leur reconnaissance juridique des noirs et de leur statut minoritaire par l’Etat est, elle, aussi abolie.

La colonisation française pérennisera ce vide juridique et au lendemain de l’indépendance, la Tunisie suivra le modèle français dans la non-reconnaissance de ses minorités. Elle ne reconnait que l’individu face à l’Etat. Après la révolution, la ligne de conduite reste la même et la simple reconnaissance des actes racistes dans la législation semble être un parcours du combattant. Si la question raciale est un problème politique, le droit tunisien constitue un blocage.

Aujourd’hui,  Limoune –  ليمون  se ravie de constater qu’une élite, issue de cette minorité, lève sa voix pour réclamer une représentativité dans le Parlement, la diplomatie et dans la haute administration, d’où elle a toujours été exclue.

Mais la société civile doit elle aussi être mise face à ses ambiguïtés, être sensibilisée et ce dès le plus jeune âge à cette question. Le débat ne devrait pas être cantonné à la capitale autour de question de représentativité politique mais devra atteindre les régions, celles du Sud y compris, d’où pourraient émerger les revendications les plus proches de la base populaire.

Lire la suite
Article : Un autre monde est possible – Forum social mondial à Tunis
#halteauxpréjugés
4
27 mars 2013

Un autre monde est possible – Forum social mondial à Tunis

Des drapeaux par centaines, des slogans par milliers ont animé le centre ville de Tunis mardi 26 mars. A l’occasion de l’ouverture du Fourm social mondial, une marche pour la dignité a été organisée aux couleurs du monde entier. Les cris tunisiens ont rejoint les chants mapuches, les danses kurdes ont retrouvé les slogans sénégalais.

« Travail, liberté, dignité nationale », scandaient les Tunisiens. Mais le cri qui a fait l’unimité était « Le peuple veut la chute » repris à la sauce palestinienne, syrienne, égyptienne, belge, brésilienne, féministe, pacifiste…

6
La Tunisie accorde sa voix à celle de l’organisation mondiale des femmes
©Limoune
2
La délégation sud-africaine chante. L’Afrique n’est pas à vendre.
©Limoune
5
Tunisiens, Palestiniens, Algériens, Espagnols et Français, unis autour du drapeua palestinien.
©Limoune
4
La délégation marocaine pour le respect des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf
©Limoune
3
La délagation kurde d’Irak d’un pas lent et déterminé.
©Limoune
Lire la suite
Article : La radi’O’citoyens
#halteauxpréjugés
2
26 mars 2013

La radi’O’citoyens

Lors du forum mondial des médias libres, Peet, ingénieur indépendant, a animé lundi 25 mars un atelier consacré à la conception et à la fabrication d’émetteurs de transmission radio.

Limoune –  ليمون, avec ses connaissances approximatives en watt et hertz a dû s’accrocher aux côtés des participants tunisiens en charge de radios locales libres , pour comprendre, mettre en pratique et partager ces nouvelles connaissances qui, mises entre les mains de citoyens contribuent à la liberté d’information.

A la façon d’un Fablab, sur la table de Peet, face aux participants venus des Etats-Unis, d’Allemagne, d’Italie, de France et des régions de Tunisie, étaient installés outils et matières premières de quoi laisser nos instincts trouver à chaque étape le ou les éléments nécessaires.Mais avant de se lancer dans la fabrication, commençons par vulgariser les étapes de transmission du signal radio.

DSCN4517
The steps of the path of radio signal

Le dessin est beau, la superposition de l’alphabet latin à l’alphabet arabe donne un bel effet, mais le tout ne suffit pas à éclairer les néophytes.

Le petit bonhomme symbolise le DJ. Le DJ a un microphone qui lui permet de capter sa voix ou bien un CD ou une interview qu’il souhaite passer à l’antenne. Ce son passe alors par un mixeur qui va nous permettre de choisir le niveau pour chaque source et de constituer qu’un seul son à sa sortir. Le mixeur peut être doublé si besoin  d’un compresseur qui lui évite la distorsion des signaux. Le son alors constitue revient au DJ qui porte un casque.

Afin que le son soit confirmé en audio, il passe par un transmetteur, qui si l’on veut optimiser sa durée de vie, doit être accompagné par un mesureur SWR (Taux pour des ondes standards). Cet instrument dispose de deux aiguilles, celle de gauche permet de mesurer la puissance du signal alors que celle de droite indique un mauvais réglage. Le branchement à l’antenne permettra alors le lien avec le monde extérieur. La radio transformera alors les ondes en son.

Laissons la théorie et attaquons la pratique, l’objectif étant de fabriquer une antenne. L’ installation des connectiques se fera à l’aide d’une antenne provisoire, que l’on appelle également antenne WO (65$), dont la distance d’émission est insuffisante pour la mise en place de radio pirate, que l’on remplacera donc par l’antenne artisanale.

DSCN4515
Fabrication de l’antenne
©Limoune

Tubes PVC, tubes en acier, aluminium, connecteur, étain, fer à souder, colle, vis, perceuse et scie auront été nécessaires pour que les participants construisent leur antenne au bout de quatre heures.

Lire la suite
Article : Palestine : Nos jours heureux
#halteauxpréjugés
0
24 mars 2013

Palestine : Nos jours heureux

Excursion pour les femmes du village de Tayibeh, en Palestine de 48. Au programme : randonnée, histoire, politique et botanique à travers la visite des villages détruits et confisques de Galilée.

« Gloire à Dieu, Celui Qui a mis cette monture à notre disposition, alors que nous n’eussions pu la dominer. Et c’est à Dieu que nous retournerons. » Les femmes achèvent la récitation de leurs prières avant que le bus ne prenne la route vers la Galilée. Organisée par el Tajamo (le Rassemblement), parti politique arabe d’Israël, l’excursion se veut citoyenne et militante.

DSCI0181
Départ pour les femmes et les enfants de Tayibeh pour visiter les villages détruits de Galilée
©Limoune

Excitées, bruyantes et impatientes, les femmes âgées de 12 à 70 ans s’agitent dans le bus, les unes chantant, les autres racontant des anecdotes ou discutant des repas qu’elles ont concoctés pour le déjeuner. Les plus calmes d’entre elle lisent le journal ou s’offrent une sieste matinale. Au fond, les plus jeunes, munies de leurs téléphones portables, écoutent les tubes de l’été et leurs éclats de rire rythmeront le voyage. Les femmes ont tout prévu pour l’occasion : si ce n’est pas des bottes qu’elles ont aux pieds, ce sont des Crocks qui les aideront à surmonter la marche qui les attend.

Revivre la destruction

« Beaucoup ne savent pas qu’il existe des villages disparus, explique Bassam, organisateur de l’excursion, c’est pour cela que nous avons choisi cette sortie. » Tout au long de la journée, les femmes bénéficieront d’explications historiques d’un guide sur les villages détruits et confisquées. Des villages qu’on ne peut plus admirer. Des villages détruits transformés en cité dortoir israélienne ou en kiboutz. Des villages qui n’existent que dans la mémoire des réfugiés ou dans l’imaginaire des passionnés d’Histoire.

DSCI0013
Les femmes découvrent à leurs rythmes les ruines des villages
©Limoune

Pourtant, ces villages reprennent vie alors même que le guide prononce leurs noms originaux. « On ne trouve plus les noms arabes des villages sur les cartes. Il n’y a que des noms modifiés ou en hébreu. C’est un crime culturel », avance le guide, en replaçant sa casquette blanche. « Officiellement, on compte plus de 530 villages détruits en Palestine de 48, mais ils sont en réalité au nombre de 1800. », explique-t-il. L’espace d’un instant, le temps d’une histoire, les kiboutz n’existent plus et les palmiers refont surface au centre des villages disparus.

Mais le récit des opérations de nettoyage ramène les femmes à la triste réalité. L’occupation est de nouveau sous leurs yeux. La dépossession refait son apparition et devant les paysages verts ne restent que les écriteaux en hébreu.

Culture et plaisirs

Plus qu’une sortie culturelle et patriotique, l’excursion s’apparente à un bol d’air frais pour ces femmes. Dans le bus, le voyage prend des airs de classe verte avec les bonnes élèves qui participent et répondent à chaque question.

Peu à peu, l’odeur du thon, du fromage ou de la sauce tomate s’échappe des sandwichs pour atteindre les narines des voyageuses. L’appel du ventre est alors plus fort que les explications du guide, qui le comprend aussitôt : « Mesdames, nous allons déjeuner à Nabi Yousha devenue Nabi Yesha. Depuis sa destruction, le village a été transformé en une forêt nationale. », annonce-t-il.

Le ventre plein, les femmes récupère leur concentration. Le village de Nabi Yesha retrouve alors son histoire, devant les oreilles attentives des femmes. L’attention est tout de même à son maximum dès lors que le guide mentionne les raisins et les tomates qui ont fait la réputation de ce lieu.

DSCI0198
Attentives, les femmes écoutent les explications du guide.
©Limoune

Le long d’un fleuve, le guide propose une pause détente. Le moment pour certaines de faire leurs prières et pour d’autres de tremper leurs pieds dans l’eau. « Si je saute, tu sautes », lâche Yasmine à sa nièce, avant d’éclabousser ses voisines en criant : « L‘eau de la Palestine, il n’y a pas mieux que l’eau de la Palestine ! ». Le guide saisit alors l’occasion pour donner une leçon de géopolitique de l’eau en concluant par un proverbe palestinien : « Ce qui est peu cher est toujours présent mais ce qui est cher est rare. »

DSCI0220
« L’eau de la Palestine, il n’y a pas mieux que l’eau de la Palestine »
©Limoune

Les femmes rentreront ravies, leurs glacières et leurs sacs à dos vides, mais leurs bras remplis de raisins ramassés sur leurs chemins. « Et bien quoi ? C’est de la terre palestinienne ! », se justifient-t-elles.

//

Lire la suite
Article : Back to Ben Gurion airport – On prend les mêmes et on recommence
#halteauxpréjugés
12
20 mars 2013

Back to Ben Gurion airport – On prend les mêmes et on recommence

En lisant il y a un mois le post de Berliniquais sur son passage à l’aéroport de Tel Aviv – Ben Gurion, dans lequel le blogueur dénonçait l’obsession sécuritaire qui y régnait, Limoune –  ليمون ne pouvait empêcher son cerveau de faire appel à de vieux souvenirs. Elle a donc revécue sa propre arrivée dans ce même aéroport telle qu’elle l’a vécu, en juillet 2008. Avant de revivre la même scène, au début du mois de mars.

Une fois n’est pas coutume, les quatre heures d’interrogatoires et d’attente de juillet 2008 se sont transformées le 4 mars 2013 en quatre heures et demi. On ne déroge pas à la règle à l’aéroport de Tel Aviv. Les efforts vestimentaires – style BCBG – les sourires insistants et la détente face à la stupidité et au caractère raciste de l’appareil sécuritaire israélien n’auront ni évité, ni écourté l’attente. Le nom de mon grand-père n’a pas changé.

Hechmi ?!! Please follow this man for a short security control. [Pour changer !]

IMGP1225
Direction la salle d’attente
©Limoune

Cette fois-ci, je ne suis pas seule. Ma sœur m’accompagne, de quoi saupoudrer nos différents interrogatoires d’humour et de complicité.

Les mêmes questions sur le nom de nos aïeux, sur notre religion, sur l’origine de nos prénoms et de nos noms. Les « it does not matter » et les « you are kind » sortant de la bouche des soldats ne sont que du fake face à nos sourires hypocrites qui espèrent le « short security control« .

Deuxième soldat en charge du « shortsecuritycontrol« . Nous l’appellerons Baveman. Il faut bien trouver quelque chose à faire pour s’amuser dans l’attente – donner un surnom à chacun de nos interlocuteurs a été un de nos passe-temps privilégiés. Sans gêne, ni grâce, Baveman laisse dégouliner sa bave de 10 cm avant de lui faire faire le trajet inverse vers sa bouche, lui permettant ainsi de ravaler son surplus de salive. Naturellement, il enchaîne sur son interrogatoire en nous posant toujours les mêmes questions.

Dans la salle d’attente surveillée par deux soldats, de nouveaux visages apparaissent, certains basanés, d’autres métissés, certains stressés, d’autres habitués, mais aucun des visages n’affiche la mine enjouée que nous avons décidé de garder. Un coup de blues au bout de trois heures et l’image de Baveman ravalant sa bave nous fera retrouver le sourire, un coup de barre et la chanteuse Grâce rechargera nos piles.

C’est que nous nous étions préparées et avions dans notre sac de quoi patienter toute une journée. Gâteaux, cours de gestion, manuel de manipulation et Ces gestes qui vous trahissent... des livres de développement personnel que je n’ai pas pour habitude de lire mais qui ont le mérite d’être neutres, de ne pas dévoiler grand chose de mes penchants politiques et d’offrir un éventail d’activités insoupçonnées. Ces gestes qui vous trahissent est un bouquin qui nous permettra de changer les rôles et de nous amuser à étudier le comportement de nos geôliers.

Il [le soldat qui surveille la salle d’attente] s’abîme dans la contemplation de ses ongles, coudes en appui. Cette manière de se préoccuper de ses ongles hors de propos est un mécanisme de défense [vous avez dit défense ?].

Il [Baveman] croise sa jambe gauche sur sa cuisse droite tandis que l’un de ses pieds se réfugie en retrait sous sa chaise. Attitude d’indisponibilité et/ou de refus du dialogue. [C’est étonnant !] (Ces gestes qui vous trahissent, Joseph Messinger)

Il semblerait que ces gestes trahissent l’appareil sécuritaire israélien. Il serait d’ailleurs inutile de répertorier tous les gestes de nos interlocuteurs, ni toutes les questions de ces derniers. Stupides et répétitives, les questions n’ont sûrement pas fait avancer leur enquête mais ont mis notre patience à rude épreuve.

– From how many hours are you here ?

– Three [why ?]

– Three and half [why ?]

Je crois vraiment qu’ils n’ont plus de questions à nous poser, puisque chaque interrogatoire sera désormais ponctuée par cette question.

– Four [why ?]

Nous venons de remporter un sandwich, une bouteille d’eau chacune et le droit de déféquer dans les toilettes de l’aéroport ! Nous avons franchi le premier pallier ?

A notre retour, nous ne sommes plus que cinq, les retenus de notre vol, ceux des vols précédents et suivants ont pu rejoindre la porte de sortie, sauf nous. Nous, nous connaissons un arabe auquel nous allons rendre visite. Elle, elle est avec son mari, elle est palestinienne, son mari est américain. Elle est enceinte jusqu’au cou et pleure de fatigue. Lui, il est nigérien et la seule chose que nous avons pu suivre c’est qu’il est impatient et qu’il a rejoint une pièce de détention avant de rejoindre sa ville de départ dans le prochain avion. Il ne sera pas autorisé à entrer sur le territoire.

SAMSUNG
La salle se vide. Il ne reste plus que le couple, leur valise et le manuel de la manipulation.
©Limoune

Au bout de 4h30, nos passeports nous sont remis. Pas ceux du couple américo-palestinien.

Lire la suite
20. mars
2013
#halteauxpréjugés
0

Arrivée à Ben Gurion- juillet 2008

« Israel may have the right to put others on trial, but certainly no one has the right to put the Jewish people and the state of Israel on trial. », Ariel Sharon.

Cher Ariel Sharon,

Je tenais à vous faire part de mon mécontentement. J’ai toujours aimé les jeux de rôles, mais celui que m’impose aujourd’hui la douane de votre pays m’insupporte. J’ai dû mal à endosser mon nouveau déguisement et sachez que je suis loin d’assumer le rôle qui m’a été attribué.

Badigeonnée d’une couche de maquillage digne de celle des stars libanaises, coiffée comme le soir d’un mariage, je n’espère qu’une chose : que cette dégaine me vaudra un passage devant la douane sans accrochage. Un peu trop naïve, j’étais loin d’imaginer l’étendu de la débilité profonde de vos hommes.

Et pourtant, j’avais suivi à la lettre les recommandations de ma supérieure. Mon téléphone avait bien été vidé de tout numéro suspect aux yeux d’Israël, à savoir les 00 963 (n° syrien), les 00 961 (n° libanais), et par précaution les 00 202 (n° égyptien). Les maillots et serviettes de bain avaient été soigneusement placés dans une valise « façon » hôtesse de l’air, de telle sorte que cette « poudre aux yeux » saute à la gueule de tout douanier susceptible de jeter un regard dans mes bagages. Bref, le Petit futé Israël à la main, je pensais rentrer sur cette terre sereinement.

Chronique d’une arrivée en terre israélienne

J’ai souvent entendu les Occidentaux critiquer la Syrie des heures durant sous prétexte qu’elle refuse l’accès sur son territoire à tout détenteur d’un passeport revêtu d’un tampon israélien. Mais je les défie de mettre un pied en Israël avec l’intention de visiter les territoires sans crier spontanément au scandale. La nonchalance est affichée dans tous les coins de l’aéroport de Tel Aviv- Ben Gurion et ne peut donc être loupée. Seuls les Israéliens seront traités avec intérêt. Et pour ceux dont la crédulité leur laisserait penser que ressembler à une juive (ce qui ne veut au passage rien dire) suffirait à gagner l’amabilité des officiers, ils ne font que s’égarer.

Tout individu qu’il soit seul et jeune, arabe et musulman, ou Peace et Love sera très vite considéré comme suspect et prié de se placer sur le côté. Un soldat au froc baissé vient alors vous récupérer et vous demande, chewing gum à la bouche, si vous savez parler hébreu. La réponse est « No », c’est parti pour une série d’interrogatoires devant des personnes de plus en plus importantes hiérarchiquement, du moins qui s’en donnent l’air. Les bureaux sont de plus en plus grands et les portes de plus en plus blindées. L’attente se fait longue et les propos (réducteurs et parfois islamophobes) ne font qu’affecter la zen attitude que j’essaie d’adopter depuis trois heures.

La politique de la « cruche »

Mon arbre généalogique est remonté, et j’ai beau mettre une consonance française aux prénoms de mes aïeux, je serais démasqué après avoir prononcé le nom « Héchmi[1] ». Le parcours de mon père immigré en Orient et en Occident sera ensuite retracé. Mes coordonnées (adresse, téléphone, mail) sont notées, mes documents officiels (passeport, carte d’étudiante et réservation d’hôtel) sont photocopiés à plusieurs reprises, mais une nouvelle question est désormais posée : « Que veut dire le mot Haba en arabe ? ». « Je n’en ai aucune, lui répondis-je, je pensais que mon nom de famille venait plutôt d’Israël. »

Autre question éliminatoire : « Will you go to the West Bank ? ». « West Bank ? », repris-je, « Non, j’ai pris de l’argent avec moi, pas de besoin de passer à la banque. » La réponse sotte ne plaît guerre à mon interlocutrice qui d’un ton remonté, me lance « West Bank : Palestine ». L’air outrée, je rappelle que je ne suis là que pour faire de la plongée, bronzer et accessoirement visiter Israël, les territoires palestiniens étant bien trop effrayant.

L’avion Rome-Tel Aviv avait atterri à 3h du matin, me voilà libre à 7h. Plus qu’un dernier contrôle : la valise est fouillée, mais je ne serais pas déshabillée comme ont pu l’être d’autres « terro-tourristes[2] », histoire de vérifier qu’un explosif n’est pas caché dans le « soutif ». Mon temps d’attente et de pression a été limité à quatre heures et demi, mon téléphone n’a pas été méticuleusement scanné et je n’ai pas passé 24h en isolation pour enfin me voir refuser l’accès au territoire. La politique de la « cruche » aurait-elle fonctionné ? Je ne peux l’affirmer, le caractère inédit de ma visite en Israël m’a en tout cas bien aidé.      


[1]              Les Hachémites ont  longtemps été les gardiens de la Mecque (Arabie Saoudite), ils ont régné sur l’Irak jusqu’à la révolution républicaine de 1958 et règnent aujourd’hui en Jordanie.

[2]              Appellation donnée par le gouvernement israélien pour désigner les internationaux se rendant dans les territoires occupés.

 

Lire la suite
Article : Révolution au futur – « On ne va pas attendre dix ans […] »
#halteauxpréjugés
0
28 février 2013

Révolution au futur – « On ne va pas attendre dix ans […] »

Quand on se faufile parmi des expatriés qui ont laissé une Tunisie à la douce et discrète odeur de jasmin (La Tunisie sous silence, Limoune, novembre 2007), ras-le-bol et incompréhension, mépris et déception entourent souvent les lendemains de la révolution.

A 1480 km de l’avenue Bourguiba, quelques Tunisiens s’impatientent avenue Jean Lolive, à Pantin, devant le consulat tunisien. Ils ne réclament pas la vérité concernant l’assassinat de Chokri Belaïd, ne protestent pas non plus contre le « Harlem Shake » en Tunisie. Ce qu’ils veulent, c’est enregistrer leurs enfants sur les registres du pays, renouveler leurs passeports ou bien se procurer un extrait de naissance.

Passeport tunisien
Passeport et carte consulaire tunisiens
©Limoune

Alors que certains se font recaler sans explication adéquate, les autres pénètrent dans le bâtiment, mais leur attente ne fait que commencer. C’est donc de nouveau de patience qu’il faut s’armer une fois franchie la porte d’entrée. Ce mot qui vient d’être mis entre les deux balises <B> et </B> afin d’apparaître en gras sur vos écrans, invite Limoune –  ليمون à en reporter sa définition

Qualité de quelqu’un qui supporte qqch avec calme.

Et afin d’annoncer la suite de son propos, Limoune –  ليمون se voit obligé d’ajouter la deuxième mention de l’Hachette 2006

Persévérance dans une longue tâche.

La révolution, une longue tâche. Une tâche longue et contrairement à certains préjugés, une tâche non linéaire. Dans les révolutions, il y a des pas en avant, et des pas en arrière. Et pourtant, il n’est pas rare d’entendre là et au-delà, que « la révolution, c’était bien, mais c’est fini maintenant« .

Situation inimaginable la veille du 14 janvier 2011 : ça polémique au consulat! et pas sur l’incompétence des agents d’accueil, ni sur la désobligeance de celui qui se chargera de prélever nos empreintes. « Il faut qu’ils arrêtent maintenant. La Tunisie, il ne lui faut que la force. La dictature, la dictature, c’est ce qu’il faut aux Tunisiens pour éviter le chaos. »  C’est au tour de cet usager d’entrer dans la pièce convoitée, qui, sans persévérance aucune, ajoute ne pas vouloir « attendre dix ans pour cette révolution ». Sa patience dans la file d’attente aura en revanche porté ses fruits puisque le pouce enduit d’encre bleue, il vient de déposer son dossier de renouvellement de carte d’identité.

Si la file d’attente est linéaire en France, comme s’acharne à le démontrer monsieur l’usager, tout en rabaissant le Tunisien en Tunisie incapable de faire preuve d’organisation (et « c’est bien pour ça qu’il ne mérite pas la démocratie« ), les révolutions, elles, qu’elles soient françaises ou tunisiennes, ne le sont pas. « Les ruptures ne sont pas définitives. Certaines situations sont déviées pour ramener les insurrections populaires à des guerres civiles. Les révoltes populaires contre les régimes dictatoriaux confrontés à des répressions sanglantes ouvrent, de plus, la possibilité à toutes les manœuvres des puissances dominantes et environnantes. Elles rendent plus difficile la perception des enjeux de long terme par rapport aux situations dramatiques. »(« Les enjeux du Forum social mondial de Tunis« , Gustave Massiah)

Difficile alors de mettre la révolution au futur, son futur ne se mesure pas sur deux ou trois ans, mais s’étale sur le chemin d’une génération. Ce qui est en revanche observable aujourd’hui, c’est le mouvement, les mouvements apparents, les mouvements émergents, les mouvements sociaux, les mouvements citoyens. Laissons donc voir ce que portent ces mouvements dans le temps long. La douce et discrète odeur du jasmin ne laisse pas indifférente quand la fleur est prise par le mouvement ou par le souffle du vent.

yas compressed
Révolution au futur
©Pasina & Limoune

Je ne suis pas inquiet parce que nous sommes dans une phase transitoire. Le mouvement révolutionnaire a débuté en 2008 avec l’insurrection du bassin minier. […] Avant la chute de Ben Ali, ce sont les associations (ligue des droits de l’homme, associations de défense des droits des femmes) et les syndicats (Ugtt) qui ont pris l’initiative de battre le pavé. [Alaa Talbi, directeur  du Forum social tunisien]. Source : Le Temps d’Algérie

Lire la suite
28. févr.
2013
#halteauxpréjugés
2

La Tunisie sous silence – novembre 2007

Le 7 novembre dernier, le président Ben Ali célébrait ses vingt ans au pouvoir de la Tunisie. Focus sur une dictature non avouée : une société peu considérée et un peuple constamment traqué.

Djerba, Hammamet, Kairouan. La Tunisie, un concentré idéal pour vacances optimales : plages exotiques, ruines édifiantes, désert de solitude… Et pourtant, il suffit de retirer les colliers de jasmin au jeune homme en costume blanc, la « cuisine du soleil » aux mères tunisiennes, le narguilé aux innocents qui parlent du beau temps pour entrevoir un peuple muselé qui rêve de s’exprimer sans difficulté. Qui rêve d’une terre où pousseraient droit, dignité et liberté. Mais, la réalité estompe le songe et les rares voix résistantes sont rapidement écartées par un État policier. La carte postale tunisienne, façade habile de clichés, savant mélange de tradition et de modernité, en prend un coup.

Des esclaves muets

« La politique surtout en Tunisie, faut pas s’en occuper. Si t’es journaliste pour un média tunisien, tu fais comme ils font, tu applaudis. Sinon faut laisser tomber. Tu vas te mêler d’une affaire, tu t’en sors plus. Tu vas te salir pour lui. » Impossible donc, de parler politique avec des Tunisiens, et des deux côtés de la Méditerranée, ils se sentent en permanence observés. « Ils sont partout ces pourris. » Désemparée, une Tunisienne s’exprime : « Je ne pense rien de Ben Ali, je ne le connais même pas, alors pourquoi penser ? », pour finalement se confier : « Bourguiba ou Ben Ali, c’est le même système. Il n’y a pas de liberté. C’est simple, si tu veux être arrêté, présentes-toi comme opposant au gouvernement ». Le peuple attend toujours les élections pluralistes promises à l’aube du 7 novembre 1987. Peuple fatigué de découvrir, sur leurs téléviseurs, les mêmes chiffres au lendemain des scrutins présidentiels : 99.27 %, 99.91 %, 99.44 %, 94.48 %. « La seule opposition autorisée en Tunisie, elle est amadouée.  Je ne pense pas qu’elle ait des chances face à Ben Ali, alors que les opposants qui ont réellement du poids, on les retrouve soit en prison soit exilé à l’étranger. », commente-t-elle.Les Tunisiens ne sont donc pas dupes. La machine « Ben Ali » de propagande est à bout de souffle, ce qui explique que sa machine policière fonctionne désormais à plein régime. Quadrillage policier du pays renforcé. Guerre contre les sites subversifs et les comptes e-mail ennemis officialisée… Utilisée comme instrument politique, la peur permet au président d’asseoir son pouvoir.

Résignés à ne plus s’exprimer, les Tunisiens ont préféré se positionner en esclaves muets.  Continueront à crier en silence. Garderont cependant à l’esprit que « penser fort reste prohibé ». Feront tout ce qui est exigé pour pouvoir vivre en paix. Continueront à afficher des portraits dans leur foyer. A applaudir. Pour ne pas assister à l’écroulement de ce pays en lutte contre l’islamisme, aux acquis économiques et sociaux consolidés, au nom d’un seul mot : Démocratie. 

Limoune –  ليمون

Lire la suite
Article : Tête de A’roubi
#halteauxpréjugés
0
30 janvier 2013

Tête de A’roubi

Les voleurs de cuivre ont de nouveau frappé, le 8 janvier, privant le quartier nord de Maharès (à 30km de Sfax) de la téléphonie fixe et de sa connexion Internet. Il s’agit du deuxième vol en moins de deux semaines. L’occasion pour Limoune –  ليمون, non pas de faire l’état des dégâts, ni de relayer le ras-le-bol des usagers de plus en plus dépendants du réseau des réseaux, mais de faire la lumière sur le suspect n°1

du vol de cuivre, sur le suspect n°1 de tous les actes de vandalisme, sur le suspect n°1 de tous les pas de travers, le bouc-émissaire de Maharès, à savoir l’étranger. Nul besoin de chercher trop loin, dans la réalité locale de cette contrée périurbaine, l’étranger n’a pas de tête de Turc, il n’est pas Libyen, pas sub-saharien non plus, ni même originaire de Tozeur, de Tataouine, de Sidi Bou Zid, ou de Jendouba.

IMG_0942
Enfant de Bir Tofla
©Limoune

L’étranger est le plus proche voisin. Invisible sur la carte de Tunisie, à peine visible sur celle du gouvernorat de Sfax, son village d’origine, se nomme Bouhlel, Bouokkazen ou Nakta, Sidi Ghrib, Sidi Hmed, Bir Tofla ou Khaoui el Ghzal,  Al ‘Adi, ‘Ithet Chleya ou Mouassat. Il se trouve à 3 km de Maharès, ou à 13 km tout au plus.

Tirant essentiellement leurs revenus du travail de la terre, ses habitants sont péjorativement appelés a’roubi (terme général désignant le rural tunisien). D’autres lui ont préféré l’appellation tunisoise hokch, quand la désignation locale le présente comme chamtouri. Il est important d’expliquer l’origine de ce mot afin d’en déceler le caractère préjudiciable pour toute une population. Si le plus naïf des passants pense que le chamtouri est le campagnard, relayant un certain mépris, il  désigne en réalité un descendant des chmètra, une ancienne tribu désormais dispersée sur trois zones environnantes de Maharès, au nord, à Bouhlel, et à Nakta et dans l’ouest, à Al ‘Adi, à Ithet Chleya et à Mouassat.

Dans le parler local, chamtouri est devenu la dénomination de tout étranger – à la ville – à l’allure rurale, de tout conducteur de Forza, le scooter-mobylette au prix défiant la concurrence des scooters sur le marché tunisien, de tout passager à l’arrière d’une 404 bâchée, de tout campeur sur les plages non aménagées de Chaffar. Adjectif stigmatisant, il est employé pour dénoncer un comportement déviant ou arriéré, un style vestimentaire has been ou peu appliqué, une ignorance présumée ou un manque de savoir-vivre.

Le préjugé, « ensemble de sentiments, de  jugements et naturellement d’attitudes individuelles qui provoquent, ou tout au moins favorisent, et même parfois justifient des mesures de discrimination » (R. Bastide, Le prochain et le lointain) est construit, solide dans l’imaginaire de bon nombre de maharessiens. Ce mépris vis-à-vis du rural pourrait se retrouver dans l’ensemble des villes tunisiennes.

Fort heureusement, il n’est pas généralisé à l’échelle d’une ville. Plusieurs fois par an, les maharessiens propriétaires de terres agricoles font appel à la main d’œuvre en provenance des villages alentours afin d’accélérer la récolte d’olives en hiver et celle des amandes en été. D’autres font appel aux femmes pour des travaux domestiques. Les occasions sont multiples pour faire connaissance avec le voisin, contraint aux migrations alternantes, pour tourner le dos aux préjugés, aux appartenances qui généralisent et englobent l’individu ; mais encore faut-il s’affranchir du rapport professionnel et de l’éventuel lien de subordination cher à quelques employeurs.

IMG_0941 saturé
Repas partagé entre ruraux et périurbains,
Champ d’oliviers, Maharès
©Limoune

Ces villages ruraux, ne disposant que d’un dispensaire – où un médecin est présent une seule fois par semaine – d’une école primaire – Nakta est le seul à disposer d’un collège –  et d’un hanout faisant office de boutique, de café de quartier et de taxiphone, dépendent du chef lieu de leur délégation, Maharès, pour les services municipaux, les services de police, les services hospitaliers, le tribunal de district et pour les études secondaires.

Quant à Maharès, comme toute ville périurbaine – « espace mixte où se [trouve] à la fois des ménages occupant des emplois urbains et des agriculteurs. » (« Urban Spread Beyong the City Edge », F. Goffette-Nagot dans Economics of Cities) – qui peut se targuer de son statut de chef lieu, dépend de Sfax – centre économique tunisien – pour le tribunal de grande instance, les soins de spécialistes tels que les cardiologues, les cancérologues, les neurologues, les centres de formation professionnels, les universités et surtout pour l’emploi. Si Maharès relève de l’espace urbain plutôt que du rural, ce n’est que parce que « la majorité de la population active qui y habite travaille dans une ville, en effectuant des migrations alternantes. » (« La ville périurbaine », Jean Cavailhès, Revue économique, 2003/1)

Il est alors clair qu’une incohérence dérangerait si les villes périurbaines tunisiennes, en quête d’équité et de justice sociale déconsidèrent leurs voisins ruraux, souffrant eux-aussi d’une inégalité criante en termes d’investissements publics, de développement et d’emplois.

Limoune – ليمون

Lire la suite
« »
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
"Il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé" - Albert Einstein

Auteur·e

L'auteur: Limoune
Un citron - qui en a marre qu'on le prenne pour un "citron"- aspire à déconstruire les préjugés sur les "ananas", les "bananes", les "poires", les "marrons", les "melons" et les "ctirons". #halteauxpréjugés

Populaires

Article : Liebster Award : personne n’y échappe
Liebster Award : personne n’y échappe
14 mai 2013
Article : « Si tu ne comprends pas l’arabe, rentre dans ton pays »
« Si tu ne comprends pas l’arabe, rentre dans ton pays »
3 avril 2013
Article : Un cinéma tout aussi africain que nous
Un cinéma tout aussi africain que nous
3 décembre 2014
Article : Questions à… une Tunisienne
Questions à… une Tunisienne
29 avril 2013
Article : Back to Ben Gurion airport – On prend les mêmes et on recommence
Back to Ben Gurion airport – On prend les mêmes et on recommence
20 mars 2013
Article : Tunisie/Egypte : la diplomatie des passeports verts
Tunisie/Egypte : la diplomatie des passeports verts
9 octobre 2013
Article : La Constitution ne reconnait pas la diversité des figues tunisiennes
La Constitution ne reconnait pas la diversité des figues tunisiennes
10 mai 2013
Article : Sri Lanka : à la recherche d’un refuge
Sri Lanka : à la recherche d’un refuge
6 juin 2013
Article : ZooM sur Nous – Être acteur de nous-même
ZooM sur Nous – Être acteur de nous-même
19 juillet 2013
Article : Voyager, seule et libre
Voyager, seule et libre
28 octobre 2013
Jeu des citrons © 2026
-
BLOG DU RÉSEAU MONDOBLOG
Mentions légales Centre de préférences
40