Késako – Jeu des citrons – Limoune – ليمون

© Limoune

Généralisation – et préjugés qui en découlent – sont des biais qui nous font pour la plupart défaut.

Pratique le stéréotype ! quand on n’a peu de temps et que l’on veut que tous nos concitoyens lambdas partagent notre monde de sens. Jouez à Dessinez, c’est gagner et voyez ce que cela donne quand on demande aux participants de faire deviner le mot « chinois ». Chapeau pointu et yeux bridés à peine dessinés que les joueurs ont déjà appuyé sur leur buzzer pour donner la bonne réponse.

Sauf que les stéréotypes véhiculés à longueur de journées dans les médias, dans les discussions sur le quai du métro ou dans les repas de famille sont porteurs de préjugés, de préjudices et de préludes à la méconnaissance et au rejet de l’Autre.

Le jeu des citrons permet à ses participants de connaître l’Autre au-delà de la généralisation. Parce que même si l’Autre partage – ou pas – avec sa « catégorie » – dans laquelle il a été arbitrairement rangé – des particularités communes, connaître l’archétype de la « catégorie » – rien d’autre qu’une construction mentale – ne me permet pas de connaître les quidams que l’on a choisi d’y rattacher. Si vous ne me suivez plus, si vous n’avez pas cliqué sur le lien « jeu des citrons » vous menant à la présentation du jeu ou si, par crainte du torticolis, vous avez décidé de mettre à plus tard, la lecture du document, je me lance brièvement dans une EDRDJ (Explications Des Règles Du Jeu). Les joueurs sont placés devant une table où ils observent de loin des citrons, ils sont alors chargés de les décrire.   «Jaune»«Rond», «Avec des points»«Avec des trous». Voici les réponses qui reviennent. Chaque joueur est ensuite invité à faire connaissance avec un citron, il peut alors l’observer, lui tout seul, loin de sa « catégorie », le toucher, lui parler. Les citrons sont de nouveau mélangés et le joueur devra retrouver son citron. Il le fera sans problème parce qu’il a pris le temps de voir que son citron n’était pas rond, mais ovale, qu’il était jaune, et qu’il avait pris quelques coups… bref, qu’il était différent des autres citrons sur la table et selon les cas, qu’il partageait peu ou (presque) pas les caractéristiques préconisées par sa « catégorie ».

Pour ceux qui sont arrivés à ce stade de la lecture, vous vous demandez sûrement pourquoi je parle de ça, et bien c’est tout simplement pour expliciter le choix du titre de ce blog « Jeu des citrons ». Parce qu’« il est plus difficile de désintégrer un atome qu’un préjugé » (A. Einstein), ce blog a la prétention de poster du contenu qui crie à travers ses lignes son ras-le-bol d’entendre nuit et jour des idées reçues conscientes et/ou inconscientes, qui hurle au-delà de ses lettres « #halteauxpréjugés ! ».

Limoune – ليمون (citron en arabe) ira donc à la pêche, à la cueillette ou à la chasse aux préjugés nichés dans nos informations médiatisées, arrachés de la bouche d’une passagère du R.E.R.,  assumés par ma cousine le jour de l’an ou dissimulés dans mon propre inconscient. Elle ira riant, pleurant, hurlant, émerveillée, enthousiasmée, paniquée, abasourdie, affaiblie ou meurtrie à la rencontre de l’Autre pour retrouver l’autre.

Et parce que c’est en agissant avec l’autre qu’on apprend à le connaître et qu’on commence à le comprendre, le contenu de ce blog fera suite à un agir-ensemble, à défaut d’un être-ensemble.

Limoune – ليمون

 

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Limoune
Un citron - qui en a marre qu'on le prenne pour un "citron"- aspire à déconstruire les préjugés sur les "ananas", les "bananes", les "poires", les "marrons", les "melons" et les "ctirons". #halteauxpréjugés