« Raconte-moi Dakar » – chez Ibrahim

Le temps d’une semaine, Limoune – ليمون accompagne Madigbe Bintou Kaba, blogueur guinéen, vivant au Maroc, dans les rues de Dakar pour son reportage sur la ville. Son choix : parler de la ville à travers le portrait de ses habitants. Première rencontre ce lundi 8 avril, au plateau, « chez Ibrahim ».

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©Limoune

Sourire franc, allure décontractée, Salama n’est pas le propriétaire des lieux. Il est le père d’Ibrahim qui tient cette boutique de tissus venus de Turquie, du Golfe et de Chine. Salama n’est ni turque, ni chinois. Il est dakarois. C’est son cœur qui le lui dit. Né au Liban, Salama arrive en 1933 à Dakar à l’âge d’un an. « Nous sommes arrivés lors de la colonisation française. », annonce-t-il en sirotant son café.

Depuis la colonisation pendant laquelle Salama voulait rejoindre l’armée, son engagement politique s’est estompé. « On vote, on se sent sénégalais, on fait notre devoir, mais on ne rentre pas dans la politique, ni moi, ni mes enfants. »

Salama a aujourd’hui 80 ans. Ses enfants se sont mariés et vivent à Dakar. Il a vu le Plateau se transformer, il a vu les commerçants y remplacer les tailleurs, et il a vu les rues changer de noms. Fier de présenter la rue AbdouKarim Bourgi et la rue du Liban, Salama rappelle qu’il ne terminera pas sa retraite au Liban. « Le Liban, c’est pour les vacances. Si je pars, je vais rester seul. A Dakar, il y a ma famille et les amis que l’on s’est fait. »

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Limoune
Un citron - qui en a marre qu'on le prenne pour un "citron"- aspire à déconstruire les préjugés sur les "ananas", les "bananes", les "poires", les "marrons", les "melons" et les "ctirons". #halteauxpréjugés

7 Commentaires

  1. j’ai moi meme rencontré une libanaise d’au moins 45 ans dans un commerce au centre, elle m’a dit être chrétienne , ce qui m’a surpris. elle était très gentille. mais je n’ai pas eu l’idée de faire son profil comme vous… kiss, limão!

  2. Beau portrait, Sarah. T’as su transmettre le message sur ce bon M. Salama, avec qui on a trouvé le plaisir. « Mlle, tu veux du café? », te rappelles-tu non? Bravo pour la concision et le billet!

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